Caroline Bolieu: artiste-photographe et créatrice de Bijou Bolieu

Les historiens ont souvent recours aux œuvres d’art pour écrire l’histoire, car elles témoignent de la vie quotidienne, des lieux et de l’architecture du passé. Aujourd’hui, plusieurs artistes s’inspirent aussi de leur environnement pour créer des œuvres qui témoignent d’un passé, mais aussi d’un présent qui se transforme. Que ce soit dans la démarche, les matériaux ou les sujets, peu importe la forme, ces œuvres nous rappellent que le patrimoine est partout !

 

Dans le cadre de notre série Arts et patrimoine, nous vous présentons un entretien avec l'artiste-photographe et créatrice de Bijou bolieu, Caroline Bolieu. L'équipe d'Intervalles est tombé en amour avec ses créations qui évoquent surtout le paysage patrimonial du Bas-Saint-Laurent.

 

 

Parlez-nous un peu de vous, de vos origines.

 

Je suis née dans Lanaudière. J’ai exploré quelques régions du Québec et depuis 2011, j’ai établi mon nid dans le Kamouraska. Jeune fille, je jouais avec mon imaginaire et ma créativité en peignant, en imaginant des mises en scène costumées et en inventant des sculptures avec ce que je trouvais à la maison. Plus tard, j’ai réalisé de premières études collégiales en théâtre à Trois-Rivières et ai commencé, en parallèle, une démarche de peinture sur objets recyclés. C’est en 2006 qu'une rencontre a bouleversé ma démarche artistique: j'ai croisé le chemin de deux photographes lors d’un vernissage. Ils m’ont tant inspirée que, l’après-midi même, j’achetais mon premier appareil photographique.

 

Pouvez-vous nous résumer votre démarche artistique?

 

L’art de la photographie est pour moi un temps d’arrêt. Doucement, j’approche mon sujet et je capte ses possibilités. C’est un échange où je tente de saisir sa beauté et sa spécificité, d’entendre ce qu’il a à me raconter, d’écouter son témoignage avec respect.


Je photographie mon quotidien. J’ai une très forte attraction pour les paysages, pour la sérénité qu’ils m’apportent. C’est en vivant au Kamouraska que ce thème m’a envahie et que j’ai défini ma pratique artistique. Ici, partout où je regarde, il y a de la poésie; du champ au fleuve, en passant par les terres boisées jusqu’aux bâtiments. Ma créativité se nourrit avec l’enveloppante brume du matin, par les tempêtes de pluie et de vent qui fouettent les joues et fatiguent le corps, par l’odeur du sel près la berge, par le son des feuilles s’amalgamant au débit de la rivière, par la lumière sur une corniche…

 

Ce  mode de contemplation provoque ce lien de communion qui me permet d’apprivoiser ce qui émane des structures naturelles et humaines se trouvant devant ma lentille.

 

 

La photographie comme moyen d’appropriation d’un territoire physique et intérieur. Se laisser guider par ce qui est là. Bouger autour de ce que je tente de saisir, comme une danse. Dévoiler, par le biais de l’image, l’empreinte qu’a laissé sur moi mon lieu de vie.

 

 

Quel dialogue souhaitez-vous créer avec les gens/vos clients?

 

Je suis une hypersensible, parfois la beauté d’un paysage me fait pleurer. Je me surprends à avoir mal aux joues tellement je souris lors de mes promenades en forêt. Toutes ces émotions que je ressens, je tends à les transmettre dans mon art. Mon désir est d’éveiller cette conscience à la beauté de ce qui nous entoure au quotidien et que parfois on ne voit plus par accoutumance. Créer un lien d’appartenance émotionnelle entre mon client et l’œuvre.

 

Avez-vous un rapport particulier avec les bâtiments ou les paysages présentés dans vos œuvres?

 

Lorsque je pars à la chasse aux images, je retourne souvent aux mêmes endroits, je valse autour des mêmes bâtiments pour mieux les comprendre. J’ai l’impression, un peu comme les humains, qu’ils ont leurs personnalités, changeantes au fil des heures et de la température. J’ai un profond amour pour la nature, dès que j’ai un temps libre je suis en forêt  ou je marche sur la berge. Mes moments préférés sont lorsqu’il y a tempête et que je suis seule dans ces paysages. J’ai l’impression que tout devient limpide dans mon esprit. Pour ce qui est des bâtiments, plus ils sont vieux et usés par le temps qui passe et plus je les aime. Un bâtiment qui a vécu c’est pour moi comme une personne âgée qui te raconte sa vie. C’est une chance de le côtoyer. C’est un privilège d’assister à son témoignage. Je souhaite, avec les années, avec la maturité du temps qui passera sur moi, être capable d'écouter l’histoire derrière leurs structures avec une certaine sagesse et de poursuivre ma quête de cette transmission via mon art.

 

 

Quels sont pour vous les incontournables du patrimoine bâti ou paysager du Bas-Saint-Laurent, et pourquoi?

 

L’incontournable du patrimoine paysager pour moi est un ensemble d’éléments qui, rassemblés, donne beaucoup de puissance visuelle à ma région. C’est le dialogue du fleuve avec les monadnocks, l’eau et les montagnes qui se parlent sans jamais se toucher, et entre les deux, les arbres qui s’enracinent.

 

J’adore me balader dans les rangs et y trouver une petite maison singulière, un vieux bâtiment en bardeaux de cèdre ou en planches avec une porte à la peinture craquelée et aux couleurs délavées par le temps. Pour moi, se sont eux les incontournables, à rechercher sur le territoire comme lors d’une chasse au trésor.

 

 

 

 En résumé, que veut dire le patrimoine pour vous ?

 

Patrimoine pour moi est synonyme de richesse, il va indéniablement avec le mot conservation. Nous avons un devoir de le respecter et d’avoir des interactions humbles avec lui (qu’il soit culturel ou naturel) pour poursuivre ce legs, cette beauté, cette histoire aux générations futures.

 

Pour en savoir plus sur Caroline et ses créations, ou pour vous procurer une oeuvre ou un bijou :

 

 

 

 

www.bijoubolieu.com
 

www.etsy.com/ca-fr/shop/BijouBolieu
 

http://carolinebolieu.wixsite.com/bolieu 
 

@bijoubolieu

 

 

 

 

 

 

 

Tanya Lanaville

 

L'une des trois cofondatrices d'Intervalles, Tanya est la coordonnatrice de projets et de l'administration. Artiste dans ses temps libres, ce qui la fait vibrer sont les arts, le patrimoine artistique et les traditions! Elle s'intéresse aussi au management et la gestion de projets pour mieux mettre de l'avant les stratégies créatives qui inspireront et informeront notre grand public!

 

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