5 belles portes du Vieux-Québec

22/04/2016

Bon, je dois vous faire une confidence : j’aime les portes. Mais peut-être un peu intensément. Confidence d’une passion insolite.

 

Déjà je précise, ma passion ne concerne pas toutes les portes. Mais vous savez ces belles portes, souvent historiques, avec leur bois sculpté ? Celles au vernis lustré par le temps ou peintes en couleurs vives ? Celles avec d’adorables poignées ou des détails en fer forgé ? Celles avec des drôles de formes et des impostes vitrées ? Elles ont du caractère, elles se démarquent et elles font chavirer mon petit cœur.

 

Si bien que lorsque j’ai déménagé à Québec, je suis tombée sous le charme des portes du Vieux-Québec. Alors j’ai profité d’une de mes journées de congé pour aller prendre des photos de portes dans le quartier historique. Pas des portes « importantes » de bâtiments institutionnelles, mais ces portes anonymes qui peuplent les murs sans prétention. Et j’ai pris 200 photos. DEUX CENTS ! Un peu intense la fille ! D’ailleurs, si l’idée vous prend de m’imiter, préparez-vous psychologiquement à vous faire aborder par des curieux qui se demanderont pourquoi votre objectif n’est pas tourné vers des sujets plus conventionnels comme le fleuve St-Laurent ou le château Frontenac.

 

En tout cas, trois ans plus tard, je vous signale cinq portes qui, pour des raisons diverses, me fascinent encore.

 

20, rue Ste-Ursule

Qu’est-ce qui m’a le plus attiré dans ce tableau ? L’impression d’intimité produite par la petite cour avec un arbre qui nous éloigne du brouhaha de la rue ? Les intéressants détails de fer forgé ? Les briques qui font saillie en alternance de chaque côté, formant ce qu’on pourrait appeler un bossage un-sur-deux ? Un chose est sûre, quand le propriétaire est sorti et m’a lancé un drôle de regard (genre : Qu’est-ce que tu fais là à photographier ma porte, espèce de bizarre ?), je n’ai pas pris le temps de me justifier ! Disons que je suis partie à toute vitesse, le visage rouge de gêne.

 

43 et 43½ , rue des Remparts

L’incarnation parfaite de mes portes de rêve. Ces jumelles sont sublimes. Notons leur ornementation complexe, tous ces détails sculptés dans le bois qui créent de la texture et accrochent le regard. Pas de peinture ici : le bois se présente dans toute son authenticité et sa chaleur, avec une patine qui lui donne de l’histoire et du cachet.

 

 

9, rue des Ramparts

Je vous refais la scène. Je me promenais innocemment sur la rue des Remparts et je vois cette porte noire entrebâillée. Coup d’œil à droite, coup d’œil à gauche ; personne. Tant pis pour l’indiscrétion, j’ouvre le battant. Je découvre alors une porte identique à la première: même longues vitres, mêmes boiseries, même motif à colonnette, mêmes denticules, etc.  Seules différences: le vitrail dans l’imposte de celle interne et son bois verni plutôt que peint, si bien qu’elle fait moins austère que sa sombre copie externe. Le yin et le yang !

 

6, rue Ferland

Si certaines portes attirent toute l’attention sur elles, d’autres au contraire mettent modestement en valeur les éléments qui les entourent. C’est le cas de cette porte simple qui contribue à l’ensemble de la composition de la façade. Sa couleur foncée contraste avec la brique plus claire du mur, tout en s’agençant avec les volets de la fenêtre à côté et les cadres de celles du soubassement. Un escalier la surélève du sol et une imposte vitrée la surmonte, elle-même couronnée d’un fronton qui lui donne un air un peu officiel. Cela crée un axe vertical important que viennent balancer les lignes horizontales des deux assises de briques rouges. Le résultat est un ensemble équilibré des formes et des couleurs : j’aime !

 

26, rue Sainte-Angèle

Ah, décidément les portes bleues m’hypnotisent. Avec son aspect un peu défraichi et ses morceaux crochis par le temps et les hivers, cette porte a une espèce de beauté nonchalante et vaguement mélancolique qui me fait craquer. Avec la mystérieuse petite fenêtre qui la flanque et le dénivelé caractéristique du Vieux-Québec, le portrait est complet. Pour la petite histoire, la fanatique que je suis a utilisé cette photographie comme illustration de couverture pour son dossier de demande d’admission à la maîtrise. On ne se refait pas !

Alors, vous ne me jugez pas trop ? Peut-être avez-vous aussi un intérêt inexplicable pour les portes ou une autre passion à la limite de l’embarras ? Je vous invite à nous en faire part dans les commentaires, histoire que nous soyons solidaires entre excentriques !

 

 

 

 

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