Serie Arts et Patrimoine : Marc Gosselin, artiste plasticien

05/12/2015

 

© Marc Gosselin, Farine Five Roses, GRIFFINTOWN Montréal, 2015,
technique mixtes sur bois, 36'' x 48'' (disponible à
Showroom Montréal)

 


Dans la série Arts et Patrimoine, INTERVALLES désire vous présenter des artistes et des artisans qui participent à la mise en valeur du patrimoine de façon directe ou indirecte, soit dans leur démarche artistique ou leur implication dans le domaine du patrimoine.

 

On brise la glace avec l'artiste Marc Gosselin qui a répondu à quelques questions sur sa démarche artistique, et évidemment, sur le patrimoine.

 

Présentez-vous en quelques lignes:


« Je suis Montréalais d’adoption; je vis et travaille à Montréal, maintenant dans le quartier Saint-Henri, un ancien quartier ouvrier très inspirant. »

 

Originaire de Lanaudière, Marc Gosselin vit et travaille à Montréal. Après avoir évolué de nombreuses années dans le domaine de la mode et de la présentation visuelle, cet artiste se concentre maintenant à son travail de plasticien. Actif depuis 2010, Gosselin a participé à diverses expositions de groupe et individuelles.

 

Démarche artistique :
 

Marc Gosselin s'intéresse à l'environnement bâti, au patrimoine industriel et au paysage urbain. L'iconographie suggérée est dominée par des représentations de l'environnement urbain. Son travail de plasticien est ponctué de collages issus de photographies représentatives de sa quotidienneté. La résonance de l'architecture industrielle montréalaise est présente au sein du corpus artistique de Gosselin, on peut y deviner les zones patrimoniales et des édicules laissés à l'abandon. Malgré des sujets plutôt statiques, Gosselin laisse transparaître dans ses toiles la vivacité des paysages. Quels que soient le sujet et le médium privilégié, ses œuvres possèdent ce curieux pouvoir de révéler le processus grâce auquel elles sont façonnées plutôt que de miser sur une forme traditionnelle de représentation. (marcgosselin.com)

 

Vous utilisez différents matériaux dans vos œuvres. Pouvez-vous nous expliquer le choix de ces matériaux ?

 

« J’utilise plusieurs matériaux dans mes tableaux, c'est une évolution au fil du temps. Disons que je n’ai aucune règle précise en terme de matériaux, j’aime la matière brute. J’utilise maintenant le bois récupéré, le ciment, le plâtre ainsi que la ficelle et les clous, pourquoi se limiter au collage papier! J’adore le jeu de construction/déconstruction. Plusieurs dimensions sont créées dans mes œuvres, pour créer un dynamisme, les journaux en font partie. Une dimension qui fige le temps où le tableau fut créé, une touche de nouvelles et d’actualités. »

 

Quel dialogue souhaitez-vous créer avec le spectateur?

 

« L'émotion relative au paysage est large, mais disons le sentiment d’appartenance à quelque chose de présent. À la base, le sujet me parle et me fascine, j’aime donner priorité à un sujet souvent oublié. Je pense que les gens on l’a même émotion. »

 

Vous faites parfois des œuvres en «performance live», en quoi cette façon de travailler est-elle différente et/ou intéressante? Comment réagit le public ?

 

« Pour ma part, c’est la partie la plus étonnante de mon travail. Ce que je fais habituellement seul minutieusement dans mon atelier se transforme pour un moment en un spectacle (bon spectacle est peut être un grand mot), mais disons une performance où le spectateur au début n'a aucune idée où je m’en vais avec tout ça (surtout avec la partie photo collage qui est fragmentaire et déconstruite). Les gens peuvent suivre l’évolution, voir apparaître un paysage après quelques instants et par la suite me voir y lancer de la peinture et de l’aérosol. Les gens sont étonnés par la mixité des matières utilisées.»

 

Vous avez présenté une exposition intitulée Rue principale créée spécialement pour  le Musée des religions du monde en 2015. Dans cette exposition vous représentez la municipalité de Nicolet «entre urbanité, scènes rurales, zones patrimoniales, ainsi qu’édicules laissés à l'abandon ». Est-ce que c’est important pour vous d’immortaliser en quelque sorte cette structure de la ville (à Montréal, Nicolet, New York…) dans vos créations ? Pourquoi ?

 

« Je suis souvent attiré par ce qui est étrange, les édifices et endroits mystérieux, ceux qui posent des questions (qu’est-ce que c’était à l’origine? pourquoi sont-ils abandonnés?). Ils appartiennent au passé, mais pourtant, ils sont présents, c’est ce qui me fascine dans le paysage urbain. Alors pour moi, d’une ville à l’autre, je vois cette similitude. C’est important pour moi d’immortaliser mon émotion et mon questionnement. »

 

Avez-vous une relation particulière avec les bâtiments ou les paysages bâtis présentés dans quelques-unes de vos œuvres?

 

« J’ai une fascination pour les châteaux d’eau. Ils sont plutôt rares ici à Montréal, ils font partie du paysage, ils sont souvent abandonnés et graffités. Certains trouvent ça disgracieux, mais moi, je les adore. J’aime Brooklyn en autres pour cette raison, ils en ont beaucoup. »

 

© Marc Gosselin, Château d'eau de la rue Moreau, Hochelaga Maisonneuve, Montréal 2015,
technique mixtesur bois, 30'' x 36'', (exposition restaurant Moishes)

 

 

Est-ce qu’il y a un lieu ou un bâtiment historique que vous préférez et qui vous a servi d’inspiration, ou que vous désirez utiliser pour une prochaine création?

 

« J’ai beaucoup de préférence en ce qui concerne les bâtiments patrimoniaux, mais dans une optique plus récente et moderne, la Biosphère ainsi que l’Habitat 67 feront partie d’une prochaine série de tableaux. »

 

Quels sont pour vous deux icônes montréalaises, et pourquoi ?

 

« J’adore le silo numéro 5 dans le Vieux-Montréal. On ne peut pas le manquer, je suis fasciné par la taille du monument exceptionnel. Je me sens privilégié de l’avoir dans ma ville. On ne peux pas oublier l’enseigne Farine Five Roses, l’émotion que dégage cet emblème est très forte. Je la décris un peu comme le ‘’home sweet home’’ de Montréal. Lorsqu’on revient à Montréal et qu’on l’aperçoit au loin, elle nous réconforte. »

 

 En résumé, que veut dire le patrimoine pour vous ?

 

« Tous simplement une émotion, un sentiment d’appartenance, c’est un bien collectif et il faut en prendre soin. »


 

 

 

 

http://www.marcgosselin.ca/
Marc Gosselin sur  Facebook

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Marc Gosselin, Le convoyeur-grue LaSalle Coke, 2015
technique mixte sur bois (ancienne porte en bois),
71'' x 44.5''
(disponible à Showroom Montréal)

 

 

 

 

Please reload

© INTERVALLES 2015-2019